BEATRICE HUG PHOTOGRAPHIE

Beatrice Hug s’approche au plus près de ce qu’elle photographie. Elle sait que c’est là, dans cette extrême proximité, que le monde qui nous entoure dissimule son énergie essentielle, sa beauté primordiale.

Après avoir exploré l’univers floral dont elle est revenue avec des clichés troublants révélant sous l’apparente simplicité de la fleur des formes et des teintes inimaginables, Beatrice Hug s’aventure aujourd’hui dans l’immensité des couleurs.

Là encore, elle nous ouvre les yeux. Tirées en très grand format, ses photographies sont de véritables compositions abstraites qui modifient notre perception. Sous le regard de l’artiste, les couleurs irradient en tous sens et entrent en vibration d’une manière que l’on croyait réservée à la peinture, les transparences jouent comme autant de glacis accentuant la profondeur, le flou et le net travaillent ensemble, s’exacerbant l’un l’autre. Enfin, pour parfaire cette invitation au voyage, les tirages sont effectués sur du papier à aquarelle qui confère à ces images un caractère mat et velouté contenant délicatement toute la violence de cette beauté dévoilée.

Si elle emprunte à la fois à la peinture dans sa construction et à la photographie dans sa technique ainsi que comme garantie du réel, l’œuvre de Beatrice Hug abolit par sa force et son évidence l’opposition entre les deux pratiques. Bien au contraire, elle mêle intimement ces deux langages artistiques qui, s’interrogeant mutuellement, s’en trouvent renforcés et renouvelés. Au final, la question ne se pose plus de savoir si l’on est en face d’une photo ou d’une toile. Seule compte la certitude d’être confronté pour notre plus grand bonheur émotionnel et intellectuel à la réalité, cette réalité brute que nous côtoyons chaque jour sans plus la voir ni en appréhender la beauté potentielle.

En ce sens, Beatrice Hug nous propose de porter un regard nouveau sur ce qui nous environne. Rappelons-nous ces mots de William Blake : « Les choses nous apparaîtrons telles qu‘elles sont quand les portes de la perception s‘ouvriront ». A n’en pas douter, Beatrice Hug ouvre l’une de ces portes. Il ne tient qu’à nous de la franchir : derrière elle, les choses de ce monde s’offrent à nous dans toute leur magnificence à la fois simple et complexe qui ne peut que nous enrichir.

Jean PENNEC pour l'exposition à L'Aiguillage Galerie

Allure fauve

Les toiles photographiques de Béatrice Hug

Par Vincent POINAS pour CITIZEN K INTERNATIONAL

Ce qui ressemble à de la peinture n’en est pas et ce qui peut faire penser à de l’abstraction n’est qu’un trompe-l’œil engendré par le miracle de la microphotographie. Serrer au plus près le réel pour mieux s’en éloigner, toucher à l’essence colorée du sujet, tel est le propos… Si par la physionomie de son œuvre Béatrice Hug semble emprunter aux peintres expressionnistes abstraits, la démarche artistique qui la conduit à ce résultat lui est bien propre. Chez elle, il n’est pas question d’interprétation picturale, mais de restitution brute d’une réalité photographiée. Dans les travaux qu’elle a réunis, pour l’exposition REFLETS, l’artiste d’origine allemande installée à Paris depuis maintenant dix ans poursuit une étude qu’elle a entamée, il y a déjà plusieurs années, sur les flacons de parfum.

Lors de ses prises de vue dont les différentes étapes de mise en place sont devenus un rituel, elle commence par agencer les structures labyrinthiques translucides qu’elle confie ensuite aux bons soins des rayons couchants du soleil. Là, avec un objectif réglé sur la plus courte profondeur de champs, elle tourne autour de sa nature morte et pénètre la matière à la double recherche des vibrations chromatiques et de la perte de sa notion de l’espace. Selon l’exposition lumineuse et les différentes strates de verre et de liquide traversées par l’appareil photographique, les clichés de Béatrice Hug livrent tantôt des gammes de tons pastel, tantôt des vapeurs obscures ça et là percées d’éclats dorés à la façon de scènes nocturnes et urbaines. Ses aplats de couleurs s’électrisent, entrent en collision ou se fondent. Servi par de grands formats, le discours photographique de la jeune femme se meut en un champ de contemplation.

Le support des tirages - un papier aquarelle couché mat -, imperméable au reflet du spectateur, induit l’attitude de ce dernier. Devant l’œuvre, il ne peut que s’abandonner au pouvoir hypnotique d’une texture poudreuse, presque volatile, dans laquelle son œil s’enfonce toujours plus profondément. A la façon d’un Mondrian qui visait la musicalité de ses toiles, Béatrice Hug explore la synesthésie des couleurs et joue des transferts sensoriels que celles-ci opèrent vers l’odorat, l’ouïe ou le toucher. Pour sa production à venir, elle envisage de recentrer son étude sur les vibrations monochromatiques. « J’ai hâte de savoir comment se comporte le bleu une fois séparé du jaune et du rose », explique-t-elle avec des intonations gourmandes…À croire que les couleurs cachent des saveurs délicieuses. Le visiteur de l’exposition, qui se tient  à l’espace 43, est prié de ne pas s’aventurer à lécher les œuvres.

AU PAYS DES COULEURS

Au pays des couleurs
De Béatrice HUG, coule l’heure
Toujours même la nuit,
Venir, revenir, s’unir.
Elles apparaissent sans cesse,
Elles restent et comme l’arc en ciel,
Par dix, paraissent simplement, au-delà du temps, au-delà du vent.
Elles touchent et couchent avec le sensible.
Elles disent Soleil comme un rayon de Lune et j’écris Plume comme un oiseau de nuit.
Ressemble à la danse sacrée
D’un clin d’œil photographié
Fossilisé l’instant de Paix
Juste montrer la liberté d’aimer
S’envoler pour merveilleusement exister.

Ecrire comme un cri,
Sur ces photographies,
Ces couleurs coulent et roucoulent dans la chaleur d’un rayon de soleil,
Au lever, au couchant, toujours touchantes.
Elles nous apparaissent comme elles nous appartiennent,
Elles sont à nous et bien au-delà de tout,
Elles unissent, s’unissent, et tissent la toile universelle de la Paix.
Pas de séparation, juste une nouvelle dimension,
Celle d’un horizon toujours et encore… la joie.
Le réveil silencieux d’être heureux.
Rendre sensible l’invisible.
Juste et doucement vivre.

Bernard Froment

Lumières Vives

Espaces de couleur lumineuse qui appellent l’émotion, le rêve et suscitent l’imagination et la sensualité.

L’énergie de la couleur est mon terrain de jeu profond. Elle naît de la matière lumière, dense et légère, joyeuse et mystérieuse. Elle invite à flotter, à nager, à voler à travers notre propre inconscient.

Une nouvelle dimension: la communion des sens qui s’unissent dans l’image comme une invitation à dériver dans un univers émotionnel de souvenirs, de sons, de parfums, de sentiments, comme un endroit pour s’abandonner, pour retrouver les secrets du plus profond de soi.

Je vois l’infiniment beau, l’incroyablement grandiose, si proche que je le touche presque. Avec tendresse je le charme pour trouver le bon angle, le coup de foudre !

Surprise, vertige, je perçois la beauté. L’essence ? L’âme ? L’aspect caché du moment le plus intime ? Touchée, bouleversée par cette beauté, je suis amenée à la capturer, à traduire ce que je sens, ce que je comprends – en lumière.

Avec Passion. Amour.

Reconnaître l’essence, être touchée, sentir l’âme dans sa simplicité magnifique, la traduire, c’est l’enjeu de ma création.

La passion l’incite,

L’amour la nourrit.

Il me faut traverser le miroir des surfaces lisses pour saisir les vibrations, les « impressions », le velouté, le mystère et brouiller les pistes de la perception.

J’ai envie de réveiller les surfaces vierges, immaculées, muettes et faire entendre leur soupir incessant d’envie de vie.

Beatrice Hug